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Recherche nationale et internationale

Origine du phénomène

Dès 2016, l’ADEME Martinique a soutenu une étude de croisement des données de courantologie et données satellites portée par l’Observatoire du milieu marin martiniquais. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la présentation du projet et de ses principaux résultats : « Prévoir les blooms de sargasses dans la région Caraïbe et les Petites Antilles (PDF - 3.51 Mo)  ».

Toutefois, les causes de la prolifération des algues sargasses au nord de la Guyane (nouvelle Mer des sargasses) n’ont toujours pas été clairement identifiées à ce jour. Des études telles que Sargasse Origins se multiplient pour essayer d’en déterminer l’origine.

Le projet Sargassum Origins (AAP Sargassum) a trois principaux objectifs :

  • identifier précisément les espèces de sargasses poussant dans l’Atlantique Nord et de déterminer dans quelle mesure les espèces cohabitent, avec un focus particulier sur les espèces impliquées dans les échouages massifs ;
  • étudier la connexion entre les sargasses à l’échelle atlantique, en mettant l’accent sur les flux et les échanges qui se produisent entre la mer des sargasses historique et la nouvelle zone de prolifération ;
  • élucider l’origine des apports de nutriments dans les voies carbone et azote des sargasses et de mettre en lumière, s’il existe, un rôle des fleuves (fleuves amazoniens, fleuves africains).

Composition des sargasses et éventuelles sources de contamination

L’ADEME Martinique a soutenu le projet Eco3sar qui, au travers d’une approche interdisciplinaire, a visé à mieux connaître la composition des radeaux de sargasses, notamment par la recherche de contaminants tant chimiques, qu’organiques ou biologiques. La production d’amendement étant aujourd’hui l’une des filières viables aux Antilles françaises, ce projet avait aussi pour but d’étudier plus finement les dynamiques de contaminations et de décontaminations au cours du processus de transformation en amendement, mais aussi lors du processus de séchage naturel (qui imite la sargasse stockée sur site). En parallèle, des études de l’acceptabilité sociale de cette nouvelle filière de valorisation ont été initiées en tant qu’enjeu majeur pour l’économie et la société, ainsi que pour les modes de gouvernance associés. (cf. Quelques documents de référence).

Des études portées par l’Université des Antilles-Guyane (UAG) ayant pour objectif de déterminer le rôle des sargasses dans les transferts de contaminants en milieu côtier, notamment au niveau de la chaîne trophique, sont également en cours en Guadeloupe.

Depuis 2021, l’ADEME Martinique soutient une étude menée par l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) visant à caractériser la dangerosité des algues sargasses selon la règlementation déchets et établir des préconisations vis-à-vis de leur gestion actuelle aux Antilles. Il s’agira également d’identifier les principaux composés gazeux émis par les sargasses lors de leur décomposition et d’en évaluer l’évolution temporelle en adaptant la méthodologie de mesures développées pour les algues vertes en métropole. 

Effets sur la santé

Le projet SARGACARE doit étudier les effets sur la santé humaine de l’exposition chronique aux émanations gazeuses d’algues brunes sargasses en décomposition dans les Antilles françaises. Ce projet collaboratif, issu de l’AAP Sargassum (2019) et coordonné par le CHU DE Martinique, est le premier projet du genre proposé dans la Caraïbe. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), partenaire du projet, apportera son expertise sur les maladies chroniques et épidémiologiques en termes de santé publique.

Voies à étudier

Aujourd’hui, plusieurs axes de recherche restent à étudier afin de mieux appréhender la gestion des algues :

  • le prétraitement des algues : nécessaire afin de diminuer les volumes à transporter, stabiliser la sargasse pour limiter la production de sulfure d’hydrogène (H2S) et faciliter son stockage ;
  • l’identification des molécules biostimulantes déjà pressenties de façon empirique, et les molécules pharmaceutiques et phytopharmaceutiques intéressantes (cf. projets AAP Sargassum en cours) ;
  • l’augmentation des capacités des unités de valorisation éprouvées (compostage) ;
  • la réalisation du bilan matière arsenic au cours des procédés de valorisation éprouvés : par exemple l’étude Eco3Sar a émis l’hypothèse d’une émission d’arsenic sous forme gazeuse au cours du procédé de compostage.

Échanges d’informations

Un partage d’expériences et de connaissances au niveau régional et international, avec les différents pays concernés par les échouages de sargasses, est nécessaire. Une conférence internationale a été organisée en octobre 2019 par l’État et la Région Guadeloupe et a réuni près de 700 personnes. En parallèle, le salon professionnel Sarg’Expo a réuni près de 50 exposants. Ce premier salon international des techniques innovantes de prévision, de suivi, de surveillance, de collecte et de valorisation des algues sargasses a apporté une visibilité exceptionnelle aux entreprises caribéennes et internationales qui y ont présenté leurs solutions auprès des décideurs de l’ensemble de la Caraïbe et auprès du grand public.

Quelques documents de référence

► Eco3Sar : Écologie, écotoxicologie et économie des Sargasses (rapport d’étude et synthèse [2020])

Executive summary of the Ecology, Ecotoxicology and Economy of Sargassum (Eco3Sar) Project (2020) (PDF - 1.51 Mo)

► Sargasses : contamination et conséquences pour la valorisation (2020)